Informations complémentaires
| Poids | 300 g |
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| Dimensions | 0,7 × 20 × 14 cm |
| Présentation par Augustin Jordan, compagnon de la Libération | « Si je peux avant de mourir, confiait le général de Gaulle à André Malraux au cœur de la crise de 1958, revoir une jeunesse française, ce sera… ». Le ton signifiait peut-être, note Malraux, « … aussi important que la Libération ». Mais, ajoute celui-ci, « il laissa la phrase suspendue, comme son geste ». « Ce que nous avons fait, avait-il dit dix ans plus tôt à Maurice Schumann, a tout changé dans la perspective d'une décennie. Ni vous ni moi ne saurons si cela aura changé quelque chose dans la perspective d'un siècle ». Deux propos, parmi d'autres, qui traduisent une même pensée, un même espoir et une même angoisse. Nul moins que le général de Gaulle n'était dupe des discours des politiciens sur la France éternelle. Mieux que quiconque, il savait que la France, comme toute œuvre des hommes, était exposée à la décadence et à la mort, que l'idée qu'il s'en était fait et sur quoi il avait fondé sa vie et son action devait s'incarner dans un peuple vivant, qu'elle exigeait, sous peine de se dissiper comme un rêve, non seulement que subsiste une certaine texture morale de l'âme des Français mais que se maintienne et s'accroisse la substance physique d'un peuple profondément atteint dans ses forces vives par un siècle et demi de malthusianisme et par les terribles pertes des deux guerres. « S'il est acquis, avait-il dit dans son grand discours du 2 mars 1945, que, décidément, le peuple français ne se multiplie plus, alors la France ne peut plus être qu'une grande lumière qui s'éteint ». Mais, ajoutait-il aussitôt, contestant par avance le défaitisme de ses successeurs, dans ce domaine encore, rien n'est perdu pour peu que nous sachions vouloir ». En un temps où, dans l'indifférence des gouvernements et d'une opinion aveugle, la natalité française, après une baisse constante depuis 1964 et un véritable effondrement depuis 1973, n'assure plus le remplacement des générations (voir les deux tableaux ci-contre), il nous a paru que la revue Espoir se devait de rappeler les positions prises et l'action menée par le général de Gaulle pour amener le pays à prendre conscience des réalités démographiques et pour assurer les conditions de sa survie. Que les préoccupations démographiques aient été constantes dans l'esprit du général de Gaulle, ses écrits, ses discours, ses actes sont là pour le prouver. Déjà, dans ses livres d'avant-guerre, il avait marqué à quel point la France avait été amoindrie par son malthusianisme séculaire. La France était alors (au XVIIIe siècle) peuplée autant que l'Autriche, la Prusse et l'Angleterre ensemble, écrivait-il dans Vers l'Armée de métier… Hélas ! Notre pays est aujourd'hui la moins peuplée des grandes Puissances. Pour un Français, entre vingt et trente ans, il y a deux Allemands, deux Italiens, cinq Russes ». |



